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06 Aug

La précipitation inconsidérée de l’Occident vers le déclenchement d’une guerre contre la Russie, par Chris Martenson

Publié par project-world-vision  - Catégories :  #Révélations

Peace Propaganda And The Promised Land: U.S. Media & the Israeli-Palestinian Conflict (2004)

Revue de presse 2013-2014 Z@laresistance (spécial été)

A lire aussi : Défier l’orgueil du Président Poutine et tester sa paranoïa est une folie, par Simon Jenkins

Pour des raisons encore dénuées d’explications rationnelles, les États-Unis et l’Europe se sont lancés dans un plan concerté visant à diaboliser Vladimir Poutine, ostraciser la Russie et à rendre l’éclatement d’un conflit majeur dans le monde plus probable que jamais depuis la Guerre Froide, une époque que beaucoup d’élus de la génération actuelle ont tendance à oublier.

Dans les heures qui ont suivi la catastrophe du vol MH17, les États-Unis ont dirigé leurs accusations contre la Russie et particulièrement contre Vladimir Poutine. La propagande anti-Poutine (et s’il existait un terme plus fort, je l’utiliserais) a été impitoyable, presque comique dans ses excès (voir image ci-dessus et les images ci-dessous).

“Le sang sur les mains de Poutine 17 juillet 2014

Le monde a beau avoir détourné son regard vers l’Israël et Gaza, cette semaine les bruits de bottes dans l’est de l’Ukraine se sont mués en événements plus incontrôlables de jour en jour. [...]

Pendant ce temps, l’ours russe, feignant l’innocence malgré le sang qui coule sur ses pattes, a commencé discrètement à redéployer ses forces à la frontière.

“Il se pourrait que nous venions juste d’être les témoins du genre d’événement choquant qui survient lorsque des armes lourdes sont mises entre les mains de milices sans formation et désespérées.“

Être en mesure de résoudre le pourquoi du comment d’un drame majeur, en l’absence de toute preuve ou enquête, constitue certainement un tour de force journalistique. Certains se demanderont sur quelles sources s’appuyait l’auteur pour développer l’argumentaire acerbe que les États-Unis et l’Europe reprennent maintenant dans le but d’exercer une pression grandissante sur la Russie.

Presque deux semaines plus tard, ni les États-Unis ni l’Europe n’ont fourni de preuve substantielle pour étayer leurs accusations contre les séparatistes ukrainiens et/ou la Russie dans l’origine de la catastrophe du MH-17. Il n’y a absolument rien.

Pendant ce temps, d’importantes questions entourant la destruction de l’avion ont été totalement ignorées par les officiels américains et les médias occidentaux. Pourquoi ? Peut-être parce qu’elles soulèvent la possibilité qu’il pourrait y avoir une explication différente :

Jusqu’à présent, l’ensemble du dossier fourni par le Département d’Etat américain et l’administration Obama se réduit à quelques vidéos très douteuses provenant des réseaux sociaux rassemblées juste après l’incident, et à de vieilles photos satellitaires en basse résolution prises par une société privée (DigitalGlobe), accompagnées d’une pléthore de ”trust us” (faites-nous confiance).

Néanmoins, malgré le manque de preuves solides, vérifiées et convaincantes, cette version est désormais reprise telle quelle dans les medias, et presque tout le monde aux USA, au Royaume-Uni et dans la plupart des pays européens vous dira que Poutine ou la Russie est responsable.

De la même façon, en 2007, des années après que les faits ont été vérifiés et connus, à la question : ”Pensez-vous que le régime de Saddam Hussein en Irak ait été directement impliqué dans l’élaboration, le financement ou la réalisation des attaques terroristes du 11 septembre 2001 ?“, 41 % des Américains répondaient ‘oui’, alors que la réponse correcte était (et reste) ‘Absolument pas’.

C’est un fait de la vie moderne que la plupart des gens n’accordent pas suffisamment d’importance aux événements mondiaux. En raison de ce manque d’intérêt, même les mensonges les plus évidents peuvent être rapidement ancrés dans l’opinion publique comme vérité, s’ils sont relayés par les principaux médias.

Aujourd’hui, en juillet 2014, il y a une volonté de provoquer une guerre similaire à celles qui ont été conduites en Afghanistan en 2001 et en Irak en 2003. D’importantes questions ne sont pas soulevées par les médias, notre une-fois-de-plus-défaillant quatrième pouvoir, et des arguments politiques sans fondement ni vérification sont simplement repris comme des faits.

Mais, cette fois, la ferveur guerrière est dirigée contre une puissance nucléaire, non vers un pays délabré du Moyen-Orient. Et l’enjeu pourrait difficilement être plus élevé. Pour l’Europe, même si les choses ne vont pas plus loin, les dégâts économiques (nous n’en connaissons pas encore l’ampleur ou jusqu’à quel point ceux-ci pourraient empirer) ont déjà été portés à sa fragile reprise. Les peuples Européens devraient vraiment s’interroger sur ce qu’ils espèrent obtenir en mettant Poutine dos au mur.

Après tout, il se peut que cela ne soit pas même possible. Il jouit d‘un taux d’opinion favorable de 83 % en Russie, un niveau qui va au-delà des rêves les plus fous de la plupart des politiciens Occidentaux; de plus son pays fournit une grande partie du gaz naturel de l’Europe et une fraction considérable du pétrole mondial. La perte, même temporaire, d’une partie de ces ressources serait un coup douloureux pour l’Europe, pendant qu’un déficit soutenu d’exportation pétrolière handicaperait le monde entier.

Parmi les milliers de colonnes de journaux diabolisant Poutine que j’ai lues sur le déroulement des événements en Ukraine et le MH-17, je n’ai pas réussi à trouver une seule réponse convaincante à cette question: Quel intérêt vital américain est en jeu si la Russie garde la Crimée et aide à défendre les russophones le long de sa frontière ? À ma connaissance, personne au département d’Etat [américain] ou à la Maison Blanche n’a émis là-dessus le moindre mot.

À ce stade, la seule chose que nous savons est : l’Occident pense que la Russie est méchante, et que Poutine est pire. Mais, étant donné les enjeux, nous méritons tous d’en savoir plus. Beaucoup plus. Nous méritons d’avoir des réponses claires et complètes.

Il y a beaucoup de non-dits dans cette histoire, par exemple des promesses non tenues, d’alléchantes ressources naturelles, des enjeux de pouvoir, et un dangereux amateurisme diplomatique de la part de l’administration américaine.

Diplomatie et qualités d’Hommes d’État

Ma plus grande crainte lorsque je vois leur précipitation à juger avant que les faits n’aient été établis – ou pire, à se ruer vers la guerre – est que les personnes à la tête de cette mascarade à la Maison-Blanche et au Département d’État ne soient pas taillés de la même étoffe que les diplomates de la vieille école qui les ont précédés.

Après tout, de nombreux désaccords extrêmement dangereux ont émergé par le passé (la Crise des Missiles de Cuba, ça vous dit quelque chose ?). Pourtant, lors de ces incidents, une solution a toujours pu être trouvée par des négociations entre les parties, nous épargnant des conséquences funestes.

Dans ce sens, je trouve le récent article de Pat Buchanan – avec lequel j’ai pourtant eu mes désaccords par le passé – tout à fait pertinent.

Poutine est-il pire que Staline?

A quel moment la question de savoir quel drapeau flottait au-dessus de Donetsk ou de la Crimée est-elle devenue assez importante pour que nous armions les Ukrainiens contre les rebelles soutenus par les Russes, et envisagions de garantir à Kiev une intervention militaire de l’OTAN, nous menant ainsi potentiellement vers un conflit avec une Russie dotée de l’arme nucléaire ?

Depuis Franklin D. Roosevelt, les présidents des États-Unis ont compris que l’Amérique ne pouvait se couper des maîtres de l’une des nations les plus importantes au monde. Ike Eisenhower invita Khrouchtchev à faire le tour des Etats Unis après que celui-ci eut noyé dans un bain de sang la révolution hongroise. Après que Khrouchtchev ait installé des missiles à Cuba, John Fitzgerald Kennedy en appela très rapidement à une nouvelle Détente à l’Université Américaine.

Dans les semaines qui suivirent l’intervention des armées du pacte de Varsovie écrasant le printemps de Prague en Août 1968, Lyndon B. Johnson chercha à organiser une réunion avec Alexeï Kossyguine.

Après avoir durement condamné Moscou pour la destruction en vol du Kal 007 en 1983, ce vieux vétéran de la guerre froide Ronald Reagan recherchait une rencontre au sommet.

Le fait est que chaque Président, de Roosevelt à Georges H. Bush, et ce même après un affrontement avec Moscou pour des raisons biens plus graves que le conflit ukrainien actuel, ont toujours cherché à renouer des liens avec les hommes du Kremlin.

Quoi que nous pensions alors des dictateurs soviétiques, entre le blocus de Berlin, l’Europe de l’est placée sous leur joug, la crise des missiles à Cuba, la fourniture d’armes aux Arabes pour attaquer Israël, Ike (NdT: Dwight D. Eisenhower), JFK, Lyndon Baines Johnson, Nixon, Ford, Carter, Reagan et Bush père ont toujours recherché l’apaisement avec les dirigeants russes.

Eviter une guerre catastrophique exigeait une volonté de dialogue.

Comment pouvons-nous expliquer les aboiements de la politique étrangère américaine cherchant à confronter, isoler et immobiliser la Russie et à faire de Poutine un pestiféré moral et politique avec qui des politiciens honorables ne pourraient jamais négocier ? (Source)

Il s’agit d’un véritable chef-d’oeuvre de mise en abyme. Les anciens présidents américains ont réussi à maintenir le dialogue avec Staline, lui qui a tué des millions de personnes, et avec Khrouchtchev qui a directement menacé les États-Unis de ses missiles nucléaires.

Qu’a fait Poutine pour dépasser les excès de ses prédécesseurs russes/soviétiques?

Ce que les États-Unis appellent ”l’annexion illégale de la Crimée” était en fait le résultat d’un plébiscite massif. 97% des Criméens ont voté en faveur d’une intégration à la Russie.

Pour récapituler, la population criméenne a voté à une écrasante majorité la prise en main de son avenir de la manière qu’elle considère la mieux adaptée ; et on n’a déploré aucun mort au cours de l’annexion. Si vous me demandez mon avis, cela semble tout à fait pacifique et démocratique. Mais que préférerait la Maison Blanche ? Invalider ce référendum et unir de force les Criméens au reste de l’Ukraine ? Et dans quel but ? Pour éviter aux cartographes de devoir redessiner les frontières fluctuantes de l’Ukraine ? Il est plus probable (et c’est bien cela qui m’inquiète) que les individus actuellement au pouvoir à Washington ne vaillent pas les anciens. En effectuant une recherche, je suis tombé sur un entretien avec George Kennan, en date de 1998. Je l’ai trouvé à la fois éclairant et inquiétant :

La voix est certes un peu chevrotante, mais à 94 ans, son esprit est toujours aussi aiguisé. Aussi lorsque j’ai contacté George Kennan par téléphone pour recueillir sa réaction à la ratification par le Sénat de l’élargissement de l’OTAN, je ne fus pas surpris de constater que l’homme qui avait été l’instigateur de l’endiguement de l’Union Soviétique, et un des grands hommes d’État américains du XXe siècle avait une réponse toute prête.

Je pense que c’est le début d’une nouvelle guerre froide“, a dit M. Kennan de sa résidence de Princeton.

Je pense que les Russes réagiront graduellement et de façon négative et que cela aura des conséquences sur leur politique. Je pense que c’est une énorme erreur. Il n’y avait aucune espèce de raison à cela. Personne ne menaçait personne. De telles velléités expansionnistes feraient se retourner dans leurs tombes les Pères fondateurs de notre nation. Nous nous sommes engagés à protéger tout un ensemble de pays bien que nous n’ayons ni la capacité ni l’intention de le faire de façon sérieuse. [L'expansion de l'OTAN] n’a été qu’une initiative prise à la légère par un Sénat peu intéressé par les affaires étrangères”.

Ce qui m‘ennuie c’est de voir à quel point tout le débat au Sénat a été superficiel et mal documenté” a ajouté M. Kennan, qui était présent à la création de l’OTAN et dont l’article anonyme de 1947 dans le journal des Affaires étrangères, signé “X”, a défini pendant quarante ans la politique américaine d”endiguement à l’époque de la guerre froide.

“J’ai été particulièrement troublé par les références à la Russie comme pays mourant d’envie d’attaquer l’Europe occidentale. Les gens ne comprennent-ils pas ? Nos divergences lors de la guerre froide tenaient au régime communiste soviétique. Et maintenant, nous tournons précisément le dos au peuple qui a organisé la plus grande révolution pacifique de toute l’histoire pour éradiquer ce régime soviétique.

“Et la démocratie de la Russie est aussi avancée, si ce n’est davantage, que celle de n’importe lequel de ces pays que nous venons de nous engager à défendre contre la Russie,” a dit M. Kennan, qui a rejoint le Département d’État en 1926 et fut l’Ambassadeur américain à Moscou en 1952.

“Cela montre un manque presque total de compréhension de l’histoire russe et de l’histoire soviétique. Bien évidemment, les Russes vont mal réagir, et [les expansionnistes de l'OTAN] pourront déclarer “nous vous avions bien dit que les Russes étaient comme ça” – mais cela sera totalement faux .”

Alors qu’il s’apprêtait à raccrocher, M. Kennan ajouta seulement une chose : “Tout ceci a été ma vie, et c’est une grande peine que de le voir fichu en l’air au final. (Source) (Traduction complète sur ce blog)

Voilà qui semble assez bien vu de la part de ce grand homme d’État. Les tentatives d’attirer la Russie dans notre giron ont été supplantées par un discours querelleur, fait de piques et de menaces à son encontre, qu’on hésite à appeler diplomatie. Et nous n’avons plus désormais droit qu’à d’incessantes répétitions sur le thème : “oh, vous savez, c’est dans les gènes des Russes“. À la place, nous pourrions aussi remarquer que le débat actuel n’a ni profondeur, ni base factuelle solide. Comme je l’ai écrit dans un article pour Ukraine Flashpoint, l’expansion de l’OTAN vers l’Est en direction de la Russie s’est faite alors même que les États-Unis s’étaient explicitement engagés à ne pas étendre l’alliance. “Pas d’un pouce“, voilà ce qu’ils avaient promis. Ce serment a été violé sciemment et de manière répétée. Alors qui est vraiment celui qui a de bonnes raisons de ne pas faire confiance à l’autre ?

Les Occidentaux ont eu l’occasion de nouer des relations de partenariat rapproché avec la Russie, ses capacités étendues et ses ressources. Mais pour une raison quelconque (le complexe militaro-industriel, peut-être, ou les contributions financières de celui-ci à certaines campagnes électorales ?), il a été au contraire décidé, sous Clinton, de violer l’accord concernant l’expansion de l’OTAN, et d’opérer un déplacement vers l’est.

Le dernier empiétement a amené l’OTAN jusqu’aux frontières de la Russie, et a placé des millions de personnes de culture russe sous la férule des ultranationalistes ukrainiens. Certains de ces ultranationalistes ont été enregistrés alors qu’ils préconisaient “d’atomiser” les 8 millions de citoyens russophones d’Ukraine.

Peut-être était-ce une menace en l’air. Cependant, une des premières actions du nouveau gouvernement de Kiev, en février dernier, fut de révoquer l’usage officiel de la langue russe.

Peut-être la plus flagrante des erreurs du nouveau gouvernement de Kiev est-elle survenue la semaine dernière, quand des députés du parti nationaliste Svoboda, ou Liberté, ont abrogé une loi qui donnait un statut d’égalité aux langues minoritaires telles que le russe.

La loi précédente avait permis aux régions du pays d’utiliser des langues autres que la langue nationale officielle, l’ukrainien, sur des panneaux commerciaux, dans les écoles et dans les documents gouvernementaux. Quand elle avait été promulguée en 2012, elle avait été vue comme une victoire pour les zones où le russe était la langue majoritaire, particulièrement à l’est et au sud.

(Source)

Inutile de dire qu’il y a une très longue liste de très bonnes raisons pour lesquelles les russophones à l’est de l’Ukraine pourraient vouloir échapper à la domination de l’Ukraine occidentale.

Propagande

La propagande est de l’information conçue pour induire en erreur et provoquer une réponse émotionnelle. Les couvertures de journaux occidentaux et les magazines ont été absolument saturés de propagande anti-Poutine. Après un journalisme aussi racoleur et mensonger, quel genre de dialogue, quel rapprochement peut-on proposer à Poutine ?

Est-ce qu’Obama (ou n’importe quel autre dirigeant) ne serait pas considéré comme ‘pactisant avec l’ennemi ‘ s’il engageait le dialogue avec Poutine après tout cela ?

 La précipitation inconsidérée de l’Occident vers le déclenchement d’une guerre contre la Russie, par Chris Martenson

Cette couverture de Newsweek avec ce visage sombre et ces champignons atomiques qui se reflètent dans ses lunettes est particulièrement sinistre. Quel est exactement le message présenté ? Eh bien, c’est facile. C’est Armageddon.

Avant que vous ne preniez les points de vue de Newsweek trop au sérieux, vous devez savoir que cette respectable publication a traversé quelques périodes difficiles, a cessé de publier pendant quelque temps, a été rachetée et est maintenant dirigée par ces gens :

Membre de l’église de l’unification, Messies et Médias : qui Possède Vraiment Newsweek ? Le 4 août 2013

Samedi, des nouvelles jaillirent, annonçant qu’IBT Média, une entreprise qui publie le journal d’affaires en ligne (au moins, en théorie) International Business Times, avait racheté Newsweek à IAC. Ainsi IBT Média possède maintenant Newsweek. Mais qui contrôle IBT Média ?

Le site de la direction de l’entreprise IBT liste deux cofondateurs : Etienne Uzac, le PDG, et Jonathan Davis, son Responsable des contenus.

Mais certains disent que la société est en réalité contrôlée par – ou a minima est liée par des liens forts et non révélés à – quelqu’un dont le nom n’apparaît nulle part sur le site : David Jang, un prédicateur chrétien coréen controversé qui a été accusé de s’appeler lui-même « le Christ Revenu ».

Avant qu’il ne fonde IBT, M. Davis était le directeur du département Journalisme à l’Université Olivet de M. Jang. (Source)

De sorte que Newsweek peut ou pas avoir des projets plus vastes que de simplement relayer des faits. C’est un autre de ces cas où la conscience de l’existence d’un biais éditorial aide à maintenir un sain scepticisme.

Mais au-delà de Newsweek, tout l’éventail des publications, du NYTimes au Washington Post en passant par le Financial Times, ainsi que tous les autres grands organes du quatrième pouvoir, reprend le slogan “Poutine responsable”.

Et, il faut le répéter, tout cela sans aucune preuve solide, aucune ! Avec, en plus, tout un catalogue de questions légitimes et sérieuses qui ne suscitent qu’une totale apathie pour leur étude dans les principaux médias, et un silence radio complet des agences gouvernementales alors que celles-ci devraient les examiner et les traiter.

Cette campagne de propagande implacable à l’encontre de la Russie (de manière générale) et de Poutine (en particulier) atteint désormais son paroxysme. Je conseillerais d’être extrêmement suspicieux à l’encontre de tous les médias choisissant de diffuser cette propagande. On peut peut-être faire confiance à leurs pages ”voyage et cuisine”, mais je préconiserais de lire leur première page avec beaucoup de scepticisme.

Énerver l’ours.

Dans ce contexte, nous pouvons maintenant comprendre à quel point la Russie doit être irritée par les sanctions dont elle fait l’objet, adressées contre certaines de ses industries et dans certains cas, contre des citoyens riches et influents.

Depuis l’attentat contre le MH-17 et la supposée implication de la Russie, ce pays a été accusé de tirs d’artillerie et de roquettes sur sa frontière ukrainienne. La seule ”preuve” fournie pour étayer cette accusation sont des photos satellite grossières provenant d’une entreprise privée.

On a ensuite (littéralement) dessiné des traits sur ces photos pour montrer des trajectoires *qu’auraient pu* suivre les missiles.

Puis ces images fantaisistes ont été répandues depuis le compte Twitter de Geoffrey Pyatt comme étant des faits objectifs. Si le nom ne vous est pas familier, il est ambassadeur des États-Unis d’Amérique en Ukraine ; celui-là même dont la conversation enregistrée avec Victoria Nuland (assistante du ministre des Affaires étrangères) évoquait le coup d’État imminent contre le Président ukrainien Viktor Ianoukovitch.

Par la suite, un tribunal occidental de La Haye a subitement décidé que l’État russe devait dédommager les anciens actionnaires du géant pétrolier russe Ioukos à la hauteur de 50 milliards de dollars. Quelle surprise !

Dans une réponse glaçante, un proche de Poutine aurait déclaré: « une guerre se prépare en Europe. Pensez-vous vraiment que tout cela ait une importance ? » À la suite de quoi les États-Unis ont accusé la Russie de violer le traité de 1987 sur les armements nucléaires en testant des missiles au sol en… attendez voir… 2008. Je suis sûr que ce timing n’est en aucune façon lié au conflit ukrainien, bien sûr…

Plus récemment, les États-Unis et l’UE ont ajouté des sanctions supplémentaires contre la Russie et certains de ses concitoyens.

Obama se joint à l’Europe en étendant les sanctions contre la Russie 29 juillet 2014

WASHINGTON - Le président Obama a annoncé des sanctions étendues contre la Russie mardi, quelques heures seulement après que l’Union Européenne ait imposé des mesures plus radicales encore pour pénaliser Moscou de son soutien aux séparatistes dans l’Ukraine voisine.

Les dernières mesures américaines visent plusieurs banques russes et une grande firme industrielle d‘armement, mais elles sont aussi allées plus loin que les mesures précédentes en bloquant la vente de technologies petrolières afin d‘inhiber la capacité de la Russie à exploiter de nouvelles ressources.

Ces mesures étaient destinées à rejoindre celles dévoilées plus tôt dans la journée en Europe.

« Aujourd’hui, nous rappelons que les États-Unis pensent ce qu’ils disent et que nous allons rejoindre la communauté internationale pour soutenir les droits et la liberté des personnes à travers le monde » a déclaré M. Obama sur la pelouse sud de la Maison-Blanche. (Source)

On pourrait imaginer que les ”droits et la liberté des personnes” pourraient inclure la liberté de voter pour choisir son avenir, ainsi que le droit de ne pas être gouverné par des gens hostiles à sa langue et à ses coutumes, mais apparemment le Gouvernement Obama a d’autres idées pour les habitants de la Crimée et de l’Ukraine orientale.

Le dernier acte d’hostilité des États-Unis à l’encontre de la Russie que l’on doit souligner ici concerne un projet de loi du Sénat introduit par un membre du Comité des affaires étrangères, le sénateur Bob Corker. Le projet décrit ce qui se passerait si la Russie “n’obtempérait pas” et ne quittait pas la Crimée et l’Ukraine dans les sept jours suivant l’adoption de la loi.

Un ultimatum du GOP (Parti Républicain) à Vlad

Le projet de loi de Corker déclarerait la Moldavie, la Géorgie et l’Ukraine “alliés majeurs non-OTAN” des EU, transporterait des forces de l’OTAN en Pologne, Lituanie, Lettonie et Estonie, accélérerait la mise en place d’un système ABM (missiles antibalistiques) en Europe de l’Est, et autoriserait l’apport d’une aide US à l’armée ukrainienne, dans les domaines du militaire et du renseignement, pour sa guerre au Donbass contre les séparatistes soutenus par la Russie.

L’aide US comprendrait des armes antichars et antiaériennes

Le projet de loi sénatorial S. 2277 imposerait au secrétariat d’État un surcroît d’efforts pour renforcer les institutions démocratiques à l’intérieur de la Fédération de Russie, par exemple en sapant le gouvernement de Vladimir Poutine, dans la perspective d’un changement de régime.

Si Poutine n’a pas évacué la Crimée ni retiré son soutien aux séparatistes ukrainiens sept jours après la proclamation de l’ultimatum Corker, des sanctions radicales seraient imposées aux officiels russes, ainsi qu’aux banques et aux entreprises du secteur de l’énergie, Gazprom compris.

Les relations économiques seraient littéralement rompues.

En résumé, il s’agit d’un ultimatum à la Russie lui signifiant qu’elle devra affronter une nouvelle guerre froide si elle ne se retire pas d’Ukraine et de Crimée, et les USA déclareront désormais considérer trois ex-républiques soviétiques – la Moldavie, l’Ukraine et la Géorgie -, comme leurs alliées. (Source)

Malheureux George Kennan. Une nouvelle fois, le Sénat américain agit sans souci d’humilité ou de perspective historique.

Le peuple de Russie n’est pas disposé à se laisser harceler par le Sénat américain, tout comme le Sénat américain refuserait les diktats du parlement russe. C’est une simple question de bon sens.

Il est tout à fait évident que n’importe quelle loi de ce genre adoptée par le pouvoir législatif américain aurait pour conséquence d’éroder, si ce n’est de faire s’effondrer, les relations et les liens économiques entre la Russie et les États-Unis.

La principale conclusion à tirer de tout cela est que non seulement les États-Unis provoquent l’ours mais qu’ils le font à une fréquence accrue et en augmentant la mise à chaque fois.

Dans la seconde partie : Comment la confrontation à venir se déroulera, nous étudierons les scénarios les plus plausibles sur l’issue où peuvent mener les tensions actuelles entre l’Occident et la Russie. Quel que soit le chemin emprunté, il y aura au moins quelques expériences douloureuses pour l’Occident dont l’Europe souffrira en premier et au plus haut degré (cependant les États-Unis ne seront pas épargnés). Et, malheureusement, il n’est pas hasardeux de dire que ce conflit Est-Ouest ne fera qu’accélérer la correction imminente des marchés mondiaux soumis à l’instabilité, aux bulles et aux effets de levier abusifs.

Cliquer ici pour lire la seconde partie de ce rapport (le résumé opérationnel est gratuit, mais il est nécessaire de s’enregistrer pour y avoir librement accès)

Source : Chris Martenson Traduction collective par les lecteurs du blog www.les-crises.fr

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Début de la partie 2

Sommaire

  • Les quatre scénarios les plus probables de réaction russe
  • L’Europe est plus vulnérable et ressentira plus rapidement les effets négatifs que les USA (bien qu’il y aient aussi des risques pour les USA)
  • Le risque pour l’économie mondiale et les marchés financiers

L’Europe sera la première à en payer le prix.

L’Europe est déjà au bord d’une contraction économique pure et simple et ne peut se permettre une guerre de sanction avec la Russie, partenaire commercial majeur. Alors que les sanctions imposées par l’Europe ont été très soigneusement façonnées pour causer un minimum de difficultés économiques pour elle-même, tout en imposant une pression maximale sur la Russie, un retour de bâton est inévitable.

‘Les sanctions européennes à l’encontre de la Russie vont toucher l’économie du Royaume-Uni’déclaration du secrétaire aux Affaires étrangères

30 juillet 2014

Les sanctions visant à “imposer des difficultés économiques“ à la Russie à la suite du crash du vol MH17 vont toucher l’économie du Royaume-Uni, a prévenu le secrétaire aux Affaires étrangères Philip Hammond, ajoutant : ’on ne fait pas une omelette sans casser des oeufs’.

Hammond dit que les mesures ont été conçues pour maximiser l’impact sur la Russie et minimiser les effets sur les économies européennes“.

Cela va affecter notre économie… mais on ne peut pas faire d’omelette sans casser des oeufs, si l’on veut imposer des difficultés économiques à la Russie pour essayer de l’encourager à se comporter correctement dans l’est de l’Ukraine et à ouvrir l’accès au site du crash, alors nous devons être prêts à prendre ces mesures,” a-t-il dit à Sky.

Mercredi, le ministre russe des Affaires étrangères a critiqué le nouvel éventail des sanctions européennes, disant qu’il était décevant que l’Europe soit incapable d’agir indépendamment de Washington sur la scène internationale.

Nous avons honte de l’Union européenne qui, après avoir cherché pendant longtemps à parler d’une voix unie parle maintenant avec la voix de Washington et a pratiquement abandonné les valeurs de base de l’Europe, dont la présomption d’innocence“, a déclaré le ministre dans un communiqué. (Source)

En effet, il est facile d’imaginer à quel point la Russie peut être déçue qu’il traîne tellement de questions non résolues à propos du MH-17, et que malgré tout, l’Europe se précipite pour mettre en place des sanctions, malgré la longue et chaleureuse histoire d’échanges économiques qui lient ces pays.

Source et suite (si quelqu’un y a accès, merci de me l’envoyer…)) : Chris Martenson

http://www.les-crises.fr/la-precipitation-inconsideree-de-loccident-vers-le-declenchement-dune-guerre-contre-la-russie/

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