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01 Jul

Bruxelles : 13 banques soupçonnées d'entente illicite, dont la BNP

Publié par project-world-vision  - Catégories :  #Révélations

Treize grandes banques, dont la Française BNP-Paribas, sont dans le viseur de Bruxelles depuis ce lundi. La Commission européenne les soupçonne de s'être entendues pour empêcher des établissements concurrents d'opérer sur le marché des produits dérivés decrédit (les fameux credit default swaps en anglais, ou CDS*) ou pour retarder leur entrée sur ce marché.

LeParisien.fr

Source: Le parigo

BNP Suisse recycle les magistrats financiers

Pour ne pas être suspecté de couvrir des opérations pendables, l'établissement helvète a trouvé la parade : recruter des juges pour s'occuper des ses services juridiques.

Argent sale, opération bancaires troubles, établissements accusés de couvrir ou d'encourager le blanchiment et la fraude fiscale : ce n'est pas la première fois qu'un tel flot de soupçons inonde le propret milieu bancaire, notamment suisse, dont le culte du secret a fait la richesse et la célébrité.

Dans les années 1980 et 90, à force d'enquêtes judiciaires sur les affaires politico-judicaires, des magistrats de tous pays se sont levés pour dire : stop. Leur appel, lancé à Genève en 1996, a profondément marqué l'opinion, quand bien même il n'a pas durablement assaini les moeurs et les pratiques qu’il dénonçait. Le 20 octobre 2000, les mêmes juges ont fait paraître dans le Monde, avec d'autres de leurs camarades, une tribune au ton clair, Europe du droit ou Europe du crime.

A l'heure où l'idée d'une opération mains propres, demandée par Eva Joly ou Médiapart, affleure, il n'est pas inintéressant de regarder ce que sont devenus les lanceurs de ces alertes destinés à moraliser des pratiques financières.

Si la juge Joly est devenu l'élue Eva, si Renaud Van Ruymbeke a continué son combat judiciaire en traquant les rétro-commissions, d'autres ont clairement changé de cap.

Bruxelles : 13 banques soupçonnées d'entente illicite, dont la BNP

(photo issue de l'article du Temps, consultable ici)

A l'instar de Paul Perraudin. «Il fut le grand juge d'instruction à Genève des années 80 et 90 en matière de délits financiers, on l'avait baptisé Paul Pot (1), se remémore pour Bakchich un ancien intermédiaire habitué des bords du lac Léman. Il est valaisan d'origine, un peu «brouillon» mais plutôt sympathique. Il bosse maintenant au service juridique d'une grande banque, sauf erreur le Crédit agricole Genève». Sa mémoire joue quelques tours à l'ex-«client» de Perraudin. Le juge a bien «pantouflé» vers une banque privée suisse, mais ce n’est pas le Crédit Agricole: il s’agit de la BNP Paribas SA.

Paul «Pot» Perraudin arrête le massacre

Propriété de BNP France, la BNP Suisse est elle-même actionnaire majoritaire de la BNP Monaco. Et un peu plus même. Comme l'a expliqué à Bakchich un banquier du rocher, «BNP Monaco n'a pas de BACK OFFICE titre, toutes les opérations sont passées et comptabilisées à Genève». Comprendre que la Suisse est responsable de la bonne comme de la mauvaise tenue de sa filiale azuréenne, fort chahutée ces derniers temps pour des opérations de blanchiment suspecté de fonds africains, escroquerie de clients et infraction à la législation sur les changes.

Or, la fonction, au sein de BNP Suisse, de Paul Perraudin a précisément été depuis 2008, de veiller à ce que la banque ne joue pas avec les lois, puisqu’il est : «Responsable Conformité, Affaires Juridiques et Coordination du Contrôle Permanent BNP Paribas (Suisse) SA.»

Un ancien juge anti-corruption en poste au sein d'une banque pour traquer ses errements? Un loup dans la bergerie!

Le chasseur semble pourtant s'être pris d'affection pour les brebis, égarées ou pas dans le difficile monde bancaire.

L'ancien juge

balance le lanceur d'alerte

Bruxelles : 13 banques soupçonnées d'entente illicite, dont la BNP

Ainsi, prévenu par un lanceur d'alerte de la BNP Monaco de possibles malversations sur l'établissement du rocher dès 2011, l'ex-magistrat financier s'est empressé d'alerter la hiérarchie du salarié de la BNP WM Monaco des méchantes choses racontées à leur égard par l'impétrant. Avec une conséquence simple et directe, le licenciement presqu'instantané du whistleblower - qui s'est pourvu devant les prud'hommes monégasques.

Dans les pièces versées au dossier par la banque, se retrouvent les courriels adressés par le salarié à Perraudin... Et les transferts de ces messages aux camarades de Genèves et Monaco. Pire, même les lettres adressées par l'avocat du salarié se retrouvent devant le tribunal du travail de Monaco. «La présente est personnelle et strictement confidentielle et vous est adressée en raison de vos attributions liées à la Conformité, aux Affaires juridiques et au Contrôle permanent au sein du groupe BNP PARIBAS.», peut-on pourtant lire dans les courriers à l'adresse de Paul Perraudin. Du viol de secret de correspondance, voire du viol de secret bancaire de la part d'un ancien pourfendeur des délits financiers qui ont valu au lanceur d'alerte ses ennuis judiciaires.

Lire: BNP Monaco trouble même la Suisse

Après un si bel ouvrage, Perraudin, a décidé de passer la main. Le responsable juridique fera valoir ses droits à la retraite fin 2013, le temps de former sa remplaçant, Maria Antonella Bino, ancien vice chancelière de la confédération helvétique, et magistrate spécialisée dans les délits financiers. Encore une louve à apprivoiser pour les banquiers.

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